Le poids des secrets / Hotaru

Le poids des secrets / Hotaru

Shimazaki, Aki
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 6,60 €
dimanche 09 août 2020 5 étoiles

''Ho...ho...hotaru koï...Venez, les lucioles ! L'eau de l'autre côté est salée, l'eau de notre côté est sucrée. Venez les lucioles !''
Alors que la vie la quitte lentement, Mariko garde en tête cette comptine pour enfants, l'histoire de ces lucioles attirées par l'eau sucrée comme les femmes le sont parfois par le mauvais homme. Mariko a été cette luciole, abusée par un homme séduisant, sûr de lui, qui s'est marié avec une autre, la laissant seule avec leur fils. Cet homme, cette liaison, sa trahison, elle aurait aimé les emporter dans sa tombe mais quand elle sent que Tsubaki, sa petite-fille préférée, est prête à succomber au charme d'un de ses professeurs, la vieille femme lui confesse ses secrets les plus intimes, une histoire d'amour et de mort, la relation entre une jeune fille naïve et un homme de pouvoir et ses terribles conséquences.

C'est avec Hotaru qu'Aki Shimazaki conclut sa pentalogie Le poids des secrets. Cinq livres bouleversants qui parlent tous du véritable amour, celui qui résiste aux guerres, aux mensonges, aux non-dits, aux secrets, à tous les obstacles.
Avec Hotaru, la boucle est bouclée et il faut dire adieu à Mariko, Yukio, Yukiko, Kenji et tous les autres. Mariko prend la parole une dernière fois pour transmettre un message à la nouvelle génération, pour que ne soient pas commises les mêmes erreurs, pour qu'il n'y est plus de secrets. Après les drames, les deuils, les amours contrariées, la jeune Tsubaki saura peut-être éviter les écueils de la vie...
Pureté de l'écriture, pureté des sentiments, poésie de la langue, délicatesse et tendresse... "Le poids des secrets" est un bijou à lire et à relire.


Circé

Circé

De Madeline Miller
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 8,50 €
dimanche 09 août 2020 5 étoiles

Ignorée par son père, le puissant titan Hélios, et moquée par sa mère, la sublime nymphe Perséis, Circé, à la voix trop humaine, au physique et au caractère trop discrets, aux dons divins inexistants, n'a capté l'attention de son illustre famille que lorsqu'elle a défié Zeus en utilisant la magie. Par amour, elle a transformé un humain en Dieu et sa rivale en monstre, s'attirant l'ire de son père qui la condamne à l'exil. C'est sur l'île d'Æaea que la déesse se construit une vie, seule certes, mais libérée des intrigues de la cour d'Hélios. Là, elle perfectionne son don pour les poisons et la magie. Æaea est paisible, les plantes y abondent, les lions et les renards sont ses amis. Abandonnée des dieux, Circé ne l'est pas des hommes. C'est par la mer qu'ils viennent à elle, animés parfois de mauvaises intentions. Mais la déesse solitaire sait transformer les hommes en porcs, Ulysse le découvrira à ses dépens, lui qui verra son équipage patauger dans la boue. Pourtant ''le meilleur homme de Grèce'' saura apprivoiser Circé, ou du moins conclure un accord avec la magicienne. Son passage sur l'île laissera des traces...Télégonos, fils d'un mortel et d'une déesse.

Quel magnifique voyage littéraire auprès de Circé, figure mythologique intrigante, déesse immortelle à qui Madeline Miller donne tant d'humanité et de sagesse. On la découvre fille, maîtresse, mère, épouse et surtout femme. D'abord une femme effacée, victime des dieux et des hommes et puis une femme forte qui se révèlera à elle-même, prendra son destin en main et défiera les dieux et les hommes. Courageuse et éternelle Circé, bien plus sage, plus forte que tous les hommes, les héros, les dieux qui croisent sa route, forts de leurs exploits, fiers de leurs guerres, fidèles seulement à leur ego. Dans ce monde où règnent la violence et la peur, où les hommes sont soumis aux caprices de dieux tout puissants, Circé reste debout, admirable, sensible, passionnée, dangereuse aussi pour qui s'y frotte.
D'une plume légère et poétique, Madeline Miller s'empare de la mythologie pour la dépoussiérer, la réinterpréter, la féminiser. Captivante et attachante, sa Circé est un roman coup de cœur que l'on quitte avec un serrement au cœur. A lire pour s'instruire et se divertir.


Dans le silence du vent

Dans le silence du vent

De Louise Erdrich
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 8,40 €
samedi 01 août 2020 5 étoiles

Dans sa réserve indienne du Dakota du Nord, Joe est un adolescent comme les autres. Toujours entouré de ses trois meilleurs amis, il n'aime rien tant que de parcourir les entiers à vélo, traîner à la station-service pour admirer les formes généreuses de sa tante Sonja, pêcher à la ligne ou boire de la bière en cachette. Pourtant, l'été de ses treize ans, sa belle insouciance heurte de plein fouet la triste réalité de sa condition d'amérindien. Sa mère se fait brutalement violer par un blanc et ne doit la vie sauve qu'à sa présence d'esprit et un petit coup de pouce du destin. Cette femme active, avocate au Bureau des Affaires indiennes, mère épanouie et généreuse, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Pour Joe, la vie change du tout au tout, l'ambiance à la maison se fait pesante et même son père, l'inébranlable juge Coutts, est désemparé. Sa mère refusant de parler du viol, la police est impuissante et Joe décide de mener sa propre enquête.

Louise Erdrich ne compte plus les best-sellers dans son œuvre dédiée à la cause de son peuple. Dans ce beau roman d'apprentissage, elle évoque les injustices dont sont toujours victimes les amérindiens. La loi est la même pour tous aux Etats-Unis mais les réserves disposent de leurs propres polices et tribunaux. Si ce système fonctionne plutôt bien quand il s'agit d'arrêter, d'inculper ou de juger un indien, les choses se corsent lorsqu'une affaire implique un blanc et se compliquent encore si le crime a eu lieu en dehors du territoire de la réserve. Confronté à une injustice flagrante, Joe s'interroge sur les relations entre son peuple et les blancs, sur la Justice, l'impunité des blancs et la possibilité de faire justice lui-même.
Cri de colère et d'impuissance d'un adolescent et de tout un peuple, Dans le silence du vent est aussi le roman de l'enfance, de l'amitié, du passage difficile à l'âge adulte. Un roman poétique, imprégné de vieilles légendes indiennes, illuminé par un Joe déterminé, épris de justice, fier de ses racines et toute une cohorte de personnages drôles, émouvants, attachants. Un gros coup de cœur.


Easy Corée

Easy Corée

De Luna Kyung
Indisponible sur notre site Indisponible sur notre site
samedi 01 août 2020 4 étoiles

En 139 pages et 6 thématiques, Luna Kyung a pour mission de ma réconcilier avec la cuisine coréenne dont mes papilles offensées gardent un souvenir cuisant. Quand on sait que les coréens ne conçoivent pas un repas sans l'accompagner de kimchi, on se doute bien que le piment va être le roi des assiettes.
Décrite comme saine, diététique et particulièrement goûteuse, la gastronomie du Pays du matin calme a été pour moi un cauchemar...J'ai passé quinze jours entre Séoul et Busan à fuir le rouge, synonyme de piment, sans même pouvoir me réfugier dans un fast food puisque les grandes enseignes se sont adaptées aux goûts des locaux et n'omettent jamais la dose de piment dans la sauce des burgers ou la panure du poulet. Bref, la Corée est un pays magnifique mais il ne faut pas être une petite nature pour en apprécier la cuisine.
Heureusement, quand on cuisine soi-même, on peut doser les épices (voire les omettre). Grâce à Easy Corée, j'ai pu découvrir le bœuf bulgogi, le steak tartare ou le bibimbap et les savourer sans m'anesthésier toute la cavité buccale. Un vrai régal et ce n'est pas fini...D'autres plats me font de l'oeil même si je compte continuer à bouder le kimchi, qu'il soit au chou, au concombre ou au radis.
Un beau livre de cuisine aux recettes faciles à réaliser pour se familiariser avec la gastronomie coréenne.


Les Rougon-Macquart, La faute de l'abbé Mouret

Les Rougon-Macquart
La faute de l'abbé Mouret

De Emile Zola
Préface de Jean-Philippe Arrou-Vignod
Autres contributions de Henri Mitterand
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 8,50 €
dimanche 26 juillet 2020 1 étoiles

Tout juste sorti du séminaire, l'abbé Serge Mouret s'installe aux Artaud, un petit village, non loin de Plassans. Epanoui dans cette cure qu'il a choisie malgré son isolement et sa pauvreté, l'homme de Dieu vit en compagnie de sa sévère servante, la Teuse et de sa sœur Désirée, une simple d'esprit toute occupée à sa basse-cour. Pourtant, cette existence, entièrement dédiée à la prière et au culte de la Vierge, est quelque peu perturbée par ses ouailles, des villageois sans éducation, guidés par leurs seuls instincts. Les filles sont peu farouches et s'offrent sans compter aux solides gaillards qui ne demandent que ça. Même les bêtes de Désirée semblent forniquer à tout va et, cerné de toutes parts par le vice et la tentation, l'abbé Mouret tombe malade à force de lutter. Son oncle, le docteur Pascal, décide de le confier quelques temps à la jeune Albine, élevée par son oncle, un athée philosophe et décrite par les villageois comme une sauvageonne. Tous deux vivent au Paradou, un château en ruines et un luxuriant jardin, domaine entouré de légendes. Convalescent et amnésique, le prêtre se remet lentement, entouré des soins constants de la trop belle adolescente. Le Paradou est un vaste jardin qu'ils explorent en toute innocence, seuls au monde, bienheureux et amoureux au point de commettre le péché de chair. Serge et Albine vivent un rêve éveillé jusqu'au jour où le frère Archangias les débusque. Immédiatement, l'abbé retrouve la mémoire, retourne aux Artaud et tente de faire pénitence pour laver son péché tandis qu'au Paradou Albine attend son retour.

Quel soulagement de tourner la dernière page de ce roman interminable ! Zola a ici trempé sa plume dans la caricature, la niaiserie et le guide des plantes en dix volumes. Les ficelles sont grosses dès le départ opposant un ascète fou de Marie à un village de consanguins qui copulent derrière chaque caillou de la garrigue. Le pauvre prêtre en attrape une fièvre de cheval et se réveille au jardin d'Eden. Là, Zola décrit chaque brin d'herbe, énumère chaque fruit, chaque fleur de cette luxuriante végétation, de façon à la fois répétitive et rébarbative. Et puisqu'Eden il y a, péché il y aura. Oui mais quand ? Quand donc ce grand dadais (qui au passage affiche vingt-six printemps alors qu'elle n'en a que seize) et cette enfant sauvage vont-ils passer à l'acte ? Le suspens n'en finit pas, entre les ''je t'aime Serge, je t'aime Albine'', les ''tu es beau, tu es belle'' murmurés dans tous les recoins du jardin. On atteint des sommets niaiseries amoureuses des plus affligeantes. Bref, ces deux innocents finissent par découvrir le sexe pour leur plus grand malheur...Serge retrouve la mémoire, la foi, sa vierge, sa cure et ses paroissiens tandis qu'Albine se meurt d'amour.
On sent bien la critique de l’église catholique qui oblige ses serviteurs à une vie d'abstinence si peu naturelle; Mouret en vient à se flageller pour combattre la tentation, pendant que l'odieux frère Archangias cache la sienne sous une haine exacerbée des femmes. Mais le procédé manque de finesse et la métaphore du Paradis est filé durant des pages et des pages jusqu'à saturation. On en ressort écœurée de toutes ses plantes en pâmoison, avec une envie de routes bétonnées, goudronnées, asphaltées.
Bref, cette lecture fut un chemin de croix.